Ictus im KlangrauschIctus dans l’ivresse du son

Das belgische Ensemble Ictus beim Festival Musica (c) Philippe Stirnweiss

Das 13. Konzert des Festival Musica war zwei Generationen von Komponisten gewidmet. Eingebettet in ein Werk von Yann Robin (geb. 1974) und Raphaël Cendo (geb. 1975) erklang die extrem spannende Aufführung des „Concerto pour un piano-espace n° 2“ von Michaël Levinas (geb. 1949).

Das 2010 umgeschriebene, auf einem Konzert von 1980 aufbauende Werk arbeitet mit der elektronischen Verfremdung der Töne verschiedener Instrumente. Im Vordergrund dabei steht das Klavier, das mit einem extremen Hall ausgestattet ist. Levinas verwendete für die Neufassung, in welcher die Pianokadenz eine Überarbeitung erfuhr, seine Erfahrungen, die er in den letzten Kompositionen gemacht hatte genauso wie neue digitale Mittel, ohne welche das Klangspektrum, wie es sich nun präsentiert, nicht zustande gekommen wäre. Ein gutes Beispiel, wie sehr die Technik in die Kompositionsschemata zeitgenössischer Komponisten eingreift und diese beeinflusst. Neben dem elektronisch erzeugten Hall benutzt der Künstler auch ein „Echo“, welches zeitgleich um einen Achtel Ton höher eingesetzt wird. Dies erzeugt ein verwischtes Klangbild, das an ein verstimmtes Klavier in einem großen, hallenden Raum erinnert und dadurch Imaginationen sonder Zahl in den Köpfen des Publikums erzeugt. Dazu kommt, dass Levinas mit Melodien arbeitet, die leicht ins Ohr und in die Erinnerung gehen. Dies alles führt dazu, dass das Konzert wie aus einem zeitlichen Off zu erklingen scheint. Flirrende Klangmuster, durch Flötentöne erzeugt, auf- und abschwellende Tonlinien sowie der Einsatz von Klangsensationen, die elektronisch eingespielt werden, wie zum Beispiel prasselnder Regen, führen zu einem extrem abwechslungsreichen und zugleich hoch ästhetischen Hörgenuss.

Der komplexe klangliche Aufbau dieses Werkes wurde umso deutlicher, als davor die „Chants contre champs“ vonYann Robin zu hören waren. Geschrieben für Englischhorn, Posaune und Kontrabassklarinette ließ diese Komposition dagegen dem musikalischen Ausdruck der Instrumente ohne elektronische Verfremdung freien Lauf. Das Prinzip der Verschränkung und Bezugnahme der einzelnen Stimmen untereinander, die sich gegenseitig hochlizitierten, um aber genauso auch wieder gemeinsam abzusinken, war auch bei Levinas zu finden. Robin jedoch erweiterte dies fast um eine psychologische Komponente. Die Abhängigkeiten untereinander, die auch im zwischenmenschlichen Bereich zu kommunikativen Höhen und Tiefen führen können, waren in seinem Werk stark zu hören und machten den Reiz desselben aus.

Das letzte Stück, „Introduction aux ténèbres“ von Raphaël Cendo verschränkte die zuvor beschriebenen klanglichen Erlebnisse. Sowohl Verfremdung von Klangmaterial, als auch die direkte klangliche Erfahrung, die durch den Einsatz einer Sing-Erzählstimme auf das Publikum wirkt, kamen zum Einsatz. Das belgische Ensemble Ictus, welches sich der Aufführung von zeitgenössischer Musik widmet, interpretierte diese musikalische Untergangsstimmung, die sich an drei Passagen der Johannesapokalypse anlehnt, furios. Wie der Leiter des Festivals, Jean-Dominique Marco einmal feststellte, war diese zeitgenössische Komposition wahrlich ein Werk für Ohren und Augen. Die elektronische Verfremdung ließ so manches Instrument überhaupt nicht mehr auditiv erkennen und es lag an den Besucherinnen und Besuchern des Konzertes, die Urheber der einzelnen Klangstrukturen optisch zu erfassen und zuzuordnen. Die Untergangsstimmung, die Cendo in diesem Werk beschwor, war, wie in der literarichen Vorlage im neuen Testament, wohl strukturiert. George-Elie Octors, dem Leiter des Ensemble Ictus, entglitt in keiner Sekunde der vorgegebene Rhythmus. Der Bariton von Romain Bischoff, gekrächzt, gegurgelt, geschrieen und gepresst, ließ einem Schauer über den Rücken laufen und Cendos Illustrierung der Bestie, die er im letzten Satz vornahm, geriet mehr als anschaulich. Das Mischwesen zwischen Panther, Bär und Löwe, das wie ein Drache brüllt, ergoss sich klanglich in den Saal, sodass kein Entkommen möglich schien. Wie in der Bach´schen Kompositionstechnik ist auch Cendo darauf erpicht, wichtige Worte des Textes klar aus der Komposition herauszuheben und so war nicht nur einmal, sondern mehrfach „bestiam“ aber auch die Dreifachzahl 666, die dem Teufel zugeordnet wird, deutlich wahrzunehmen.

Das Werk zeigt klar, wie sehr sich Cendo in einem musikalisch-historischen Kontext versteht, welcher sich nicht allein auf die Themenauswahl beschränkt. Vielmehr sind seine Verweise auf die Musikgeschichte auch ein lebendiges Statement zu seiner eigenen Position. Er präsentierte sich damit als ein Komponist, der die Mittel seiner Zeit einsetzt, um Traditionen zu brechen. Traditionen können aber nur gebrochen werden, wenn man sich ihrer bewusst ist. Dieser Hinweis ist ihm mehr als deutlich gelungen.

L´ensemble belge Ictus au Festival Musica (c) Philippe Stirnweiss

Le 13e concert dans le cadre du Festival Musica était dédié à deux générations de compositeurs. Enchâssée entre une œuvre de Yann Robin (né en 1974) et une autre de Raphaël Cendo (né en 1975), on a pu entendre la passionnante représentation du « Concerto pour un piano-espace n° 2 » de Michaël Levinas (né en 1949).

Cette œuvre, retravaillée en 2010, est basée sur un concert de 1980. C’est un travail sur la déformation électronique des sons des différents instruments. Le piano, d’une résonnance exceptionnelle, y occupe une place de premier ordre. Dans cette nouvelle mouture, dans laquelle le part du piano a été totalement revu, Levinas a mis à profit ses expériences acquises lors de ses dernières compositions ainsi que les moyens digitaux sans lesquels la création du spectre du son, comme il est présenté aujourd’hui, n’aurait été possible.
C’est un bon exemple pour démontrer à quel point la technique intervient dans les schémas de composition des compositeurs contemporains et les influence. En plus de cette résonnance créée électroniquement, l’artiste utilise simultanément un écho, un huitième de ton au dessus. Le son qui en résulte est comme flou et fait penser à un piano mal accordé dans un espace vide. Ceci déclenche d’innombrables images dans les têtes du public.

Il faut ajouter à cela que Levinas travaille avec des mélodies qui entrent facilement dans les oreilles et les souvenirs. Il en résulte un concert qui semble provenir d’un espace temps différent : des sons scintillants, créés avec des flûtes, des lignes de ton qui vont en montant et en descendant et le rajout électronique de sensations sonores, comme par exemple le bruit de la pluie battante – le paroxysme d’une jouissance aussi variée qu’esthétique.

La construction sonore complexe de cette œuvre était d’autant plus frappante, que juste avant elle, on pouvait entendre le « Chants contre champs » de Yann Robin. Ecrite pour cor anglais, tuba et clarinette-contrebasse, la composition laissait libre cours à l’expression musicale des instruments sans avoir recours à la déformation électronique. Le principe d’entrelacer les différentes voix entre elles, de créer des rapports entre elles, de les faire monter par une sorte de surenchère entre elles pour les faire descendre ensuite, c’est un principe que l’on trouve également chez Levinas. Mais Robin l’a élargi à une dimension quasi-psychologique : les interdépendances porteuses de hauteurs comme de profondeurs clairement audibles dans son œuvre et qui sont à l’origine de sa particularité, valent également pour les relations humaines.

Le dernier morceau, « Introduction aux ténèbres » de Raphaël Cendo était une sorte d’entrelacs des expériences auditives décrites précédemment. Tout y était : aussi bien la déformation des sons, que l’expérience sonore directe qui, à travers une voix chantée et narratrice, a fait de l’effet auprès du public.
Une interprétation furieuse de cette ambiance de fin du monde qui s’appuie sur 3 passages de l’apocalypse d’après Jean. Elle était proposée par Ictus, un ensemble belge qui se voue à la musique contemporaine.

Comme l’a constaté le directeur du festival, Dominique Marco, cette composition contemporaine était véritablement une œuvre pour les oreilles ET les yeux. La déformation électronique rendait parfois l’identification des instruments impossible et les visiteuses et visiteurs du concert devaient repérer visuellement les instruments à l’origine de la création des différentes structures sonores.

L’ambiance de fin du monde évoquée dans cette œuvre par Cendo était, comme son exemple littéraire, très structurée.
A aucun moment, George-Elie Octors qui a dirigé l’ensemble, n’a laissé échapper le rythme imposé : Le baryton croassé, gargarisé, hurlé et pressé de Romain Bischoff a fait frissonner l’auditoire. Dans le troisième mouvement, l’illustration de la bête féroce par Cendo était plus que réussie. Les hurlements de dragon de cette créature, un croisement entre panthère, ours et lion se rependaient dans la salle de telle manière qu’aucune fuite ne paraissait possible.

Tout comme Bach, Cendo met dans sa technique de composition les mots importants du texte en exergue, de sorte que « bestiam » était plus d’une fois très distinctement audible, aussi bien que le chiffre 666, attribué au diable.
Cette œuvre montre clairement à quel point Cendo se situe dans le contexte historico-musical qui ne se contente pas uniquement d’un certain choix de texte. Ses allusions à l’histoire de la musique sont plutôt une prise de position vivante de son propre point de vue. Il se présente donc comme un compositeur qui utilise les moyens modernes à sa disposition pour rompre avec les traditions. Mais on ne peut rompre avec les traditions qu’à la seule condition d’en être conscient – il en a fait la démonstration magistrale !

Texte traduit de l’allemand par Andrea Isker

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